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Électricité

Comment réussir le branchement d’un interrupteur va et vient ?

5 octobre 2026
interrupteur va-et-vient demonte, ses trois bornes et ses fils visibles dans la boite

Un va-et-vient permet d’allumer et d’éteindre le même point lumineux depuis deux endroits, en haut et en bas d’un escalier, aux deux bouts d’un couloir, de part et d’autre d’un lit. Le montage est simple, à une condition : comprendre ce que fait chacun des trois fils qui relient les deux interrupteurs. C’est là que la plupart des erreurs se logent.

Comment fonctionne un va-et-vient ?

Chacun des deux interrupteurs porte trois bornes : une borne commune, notée L, et deux bornes de renvoi, notées 1 et 2. Le mécanisme bascule la borne commune tantôt sur 1, tantôt sur 2.

La phase arrive sur la borne L du premier interrupteur. Les bornes 1 et 2 des deux appareils sont reliées entre elles par deux fils, appelés navettes. La borne L du second interrupteur repart vers le luminaire : c’est le retour lampe.

Le circuit est donc fermé quand les deux interrupteurs sont basculés sur la même navette, et ouvert quand ils sont sur des navettes différentes. Actionner l’un ou l’autre change l’état, quelle que soit la position de son voisin. C’est tout le principe, et il explique pourquoi un va-et-vient n’a pas de position marche ni de position arrêt marquée.

Quels fils et quelles couleurs ?

La norme NF C 15-100 n’impose que deux couleurs : le bleu est réservé au neutre, le vert et jaune à la terre. Aucun de ces deux-là ne passe par les interrupteurs, et on ne les emploie donc jamais comme navette.

Pour le reste, l’usage s’est fixé sans être obligatoire : rouge, marron ou noir pour la phase, orange pour les navettes, violet pour le retour lampe. L’essentiel est de tenir la même convention dans tout le logement, pour que celui qui ouvrira la boîte dans dix ans s’y retrouve.

La section est en revanche imposée : 1,5 mm² au minimum pour un circuit d’éclairage, protégé par un disjoncteur de 16 A au plus, souvent 10 A. Le repérage compte autant que la section, et c’est le même souci de lisibilité qui vaut pour un télérupteur et son schéma de câblage, quand le nombre de points de commande dépasse deux.

Comment procéder, étape par étape ?

La coupure d’abord, toujours, et pas seulement le disjoncteur du circuit.

  • Couper au disjoncteur de branchement, puis vérifier l’absence de tension au vérificateur, aux deux emplacements.
  • Repérer les fils dans chaque boîte, et les étiqueter avant de débrancher quoi que ce soit.
  • Raccorder la phase sur la borne L du premier interrupteur.
  • Relier la borne 1 du premier à la borne 1 du second, puis la borne 2 à la borne 2.
  • Raccorder la borne L du second au fil qui part vers le luminaire.
  • Remettre en place, puis rétablir et essayer les quatre combinaisons de positions.

Le neutre et la terre ne passent jamais par les interrupteurs : ils vont directement au luminaire. C’est l’erreur la plus fréquente sur une rénovation, quand on retrouve un ancien câblage où les repères ont disparu.

Que faire s’il n’y a que deux fils dans la gaine ?

C’est le cas classique d’un simple interrupteur que l’on veut transformer en va-et-vient. Il faut trois conducteurs entre les deux points de commande, et une gaine qui n’en contient que deux ne suffit pas.

Deux voies existent alors. Tirer un fil supplémentaire dans la gaine existante, quand elle est dégagée et que le tirage passe. Ou passer à une commande sans fil, qui évite la saignée mais ajoute un appareillage à alimenter. Le choix se fait sur ce que la gaine accepte, pas sur la préférence.

Pourquoi la lampe ne s’allume-t-elle pas comme prévu ?

Trois symptômes reviennent, et chacun désigne une erreur précise.

Si l’un des interrupteurs commande seul et que l’autre ne fait rien, la phase ou le retour lampe a été raccordé sur une borne de renvoi au lieu de la borne commune. On vérifie le repère L des deux appareils.

Si la lampe reste allumée en permanence, les deux navettes ont été inversées d’un seul côté, ou la phase et une navette ont été confondues. Si elle ne s’allume jamais, c’est le plus souvent le retour lampe qui manque, ou le neutre qui n’arrive pas au luminaire.

Dans tous les cas, on recoupe le courant avant de rouvrir, et on vérifie le montage borne par borne plutôt que d’essayer des combinaisons au hasard.

Quel matériel prévoir ?

Le montage ne demande presque rien, et c’est le contrôle qui compte plus que l’outil.

  • Deux interrupteurs va-et-vient, à trois bornes, de la même gamme pour que les plaques se ressemblent.
  • Un vérificateur d’absence de tension, à bipolaire de préférence, et non un simple tournevis testeur.
  • Un tournevis isolé, une pince à dénuder, et une pince coupante.
  • Des repères de fils, adhésif de couleur ou bagues, pour marquer ce qu’on débranche.

Sur les appareillages à connexion automatique, on ne tire jamais sur le fil pour le retirer : il existe un poussoir de déverrouillage, et forcer abîme la borne. On dénude à la longueur indiquée sur le mécanisme, ni plus, sous peine de laisser du cuivre nu dépasser, ni moins, sous peine d’un contact incertain.

Peut-on le faire soi-même ?

Remplacer un appareillage existant à l’identique reste à la portée d’un particulier soigneux, à condition de couper au disjoncteur de branchement et de vérifier l’absence de tension.

Créer un circuit, tirer des fils ou modifier le tableau relève d’un autre niveau, et engage la conformité de l’installation. Un logement mis en vente ou en location fait l’objet d’un diagnostic électrique, et une installation modifiée sans respect de la norme s’y voit. En cas de doute sur ce qui existe derrière la cloison, le coût d’une intervention professionnelle reste très inférieur à celui d’un sinistre.

Questions fréquentes

Peut-on commander une lampe depuis trois endroits ?

Pas avec deux va-et-vient seuls. Il faut ajouter entre eux un permutateur, appareil à quatre bornes qui croise les navettes. Au-delà de trois points de commande, le télérupteur devient plus simple à câbler et à faire évoluer.

Un va-et-vient accepte-t-il un variateur ?

Oui, il existe des variateurs va-et-vient prévus pour ce montage. Un variateur ordinaire ne convient pas, et il faut par ailleurs que la source lumineuse soit déclarée compatible avec la variation, ce qui n’est pas le cas de toutes les lampes à diodes.

Faut-il une boîte de dérivation ?

Les connexions doivent rester accessibles et protégées. Quand les raccordements ne tiennent pas dans les boîtes d’encastrement des interrupteurs, on passe par une boîte de dérivation, qui doit elle aussi rester atteignable, jamais emmurée sous l’enduit.

Peut-on brancher une prise sur le même circuit ?

Non. Les circuits d’éclairage et les circuits de prises sont séparés, avec leur propre protection. Mélanger les deux fait dépendre l’éclairage d’un appareil qui déclenche, et se retrouver dans le noir au moment où l’on en a le plus besoin.

Sources

Sources consultées le 20 septembre 2026.

  1. Norme NF C 15-100, installations électriques à basse tension, circuits d’éclairage et couleurs de conducteurs
  2. legrand.fr/questions-frequentes/comment-cabler-un-interrupteur-va-et-vient
  3. hager.com/fr/interrupteurs-prises/interrupteurs/branchement-va-et-vient

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